Lecture pour Colette.

Sa petite-fille, qui est en fin de seconde, est invitée à redoubler.

Une réunion avec la principale adjointe et la mère doit se tenir dans l’après-midi.

Colette me demande comment cela va se passer et quelles seront les conséquences.

Elle voudrait savoir si sa petite-fille peut passer en première, ou changer de lycée (l’établissement n’est pas à la hauteur des attentes de la famille).

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Je bats le jeu tandis que nous échangeons. Une carte tombe : c’est la Papesse.
Elle représente l’attitude de la mère, donc plutôt froide et réservée, au premier abord tout du moins.
C’est quelqu’un qui prend des notes, qui se garde des secrets.
Son côté medium lui permet de savoir ce qui se passe sans paroles : elle est très fine et perspicace.

Sauf que son attitude de retrait masque une émotion très bien cachée.
Il s’agit d’une colère contenue, qui est un aspect de l’Isis (ou la Grande Mère, ou la grand-mère), donc d’un féminin très puissant, en position de défense de son petit.

La cape et les pans rouges de la robe de la Papesse ainsi que le phallus turgescent et non-vu (qui rappelle les non-dits, donc l’accumulation de colères rentrées, comme un mille-feuilles) nous indiquent cette force mobilisée par la colère, voire la détestation et la haine de l’adversaire.

Il y a donc une dichotomie entre ce qui paraît, ce qui est montré, ce qui est socialement acceptable et accepté, et ce qui est secret, caché, mais qui s’exprime quand même tant l’inconscient se joue dans chaque instant de nos vies et surtout dans les situations stressantes.
D’ailleurs, cette bipolarité est inscrite dans le chiffre de la carte, puisqu’elle porte le numéro II.

Nous en savons déjà un peu plus sur l’attitude et le comportement de la fille de Colette, qui sont marqués par un déchirement qui ne peut pas s’exprimer.

Afin de voir ce qui est proposé par « l’adversaire », c’est-à-dire l’interlocuteur, je tire une nouvelle carte.
Il s’agit de L’Amoureux.
Je signale que l’autre n’est pas plus au clair sur ce qui (lui) arrive, et qu’elle va traîner des pieds, va hésiter, ne sachant quel parti prendre.
Comme l’énergie est assez lourde et que L’Amoureux est la carte du choix (avec le X de L’Amoureux, on est à la croisée des chemins), je décide de recouvrir la carte.
Pour L’Amoureux, c’est parfois une solution, en tout cas cette carte n’a pas peur d’être précisée par une autre.

C’est donc Le Monde (arcane XXI) qui est tiré.
Subtilité du jeu de Tarot… L’Amoureux est la sixième carte.
Si l’on additionne la suite des chiffres de 1 à 6, on obtient 21.
On considère L’Amoureux comme le passage vers Le Monde.

Qu’est-ce que cela veut pouvoir dire ?

Que cette rétention d’énergie intellectuelle, contenue dans la sixième lame, va se manifester et prendre toute sa mesure dans la vingt-et-unième.
Là, comme pour L’Amoureux, l’effet est à double tranchant.
On peut dire que la voie de l’Amour et de sa manifestation est ouverte et, donc, que l’issue sera positive.

Ou, et c’est très important, que L’Amoureux, qui était coincé entre deux modèles de femme (donc deux manières d’être réceptif à soi), s’est vraiment pris un œil au beurre noir (il accomplit ainsi son œuvre au noir) et qu’en fin de parcours, transformé en Mercure-Krishna le danseur cosmique, il doit se protéger des énergies extérieures, entouré par la mandorle de plumes.
On peut alors considérer qu’il a vraiment eu du mal à décider, à prendre son parti, et qu’il ne se déplace que sur la pointe des pieds, avec peur, en tout cas avec précaution…

Ma réponse n’est donc pas univoque : « ça peut exploser ou couler fluide », lui dis-je.
La finalité sera positive, il y a des solutions, et elles se manifesteront, mais leur matérialisation sera soit tardive, soit de faible intensité.

Comme je sens que le doute persiste, je m’autorise à aller un peu plus loin et à tirer une quatrième carte.
C’est Le Soleil (arcane XVIIII).
Avec La Papesse, ils forment un joli couple, Le Soleil (le père céleste, Osiris-Horus, Râ) réchauffant cette Isis refroidie par les attitudes apprises des femmes de la famille.
Je déclare donc : « ça va bien se passer ».

En fin de compte, la réunion s’est très mal déroulée.
La principale adjointe, en fait, ne se sent guère concernée : elle quitte l’établissement à la fin de l’année et rejette toute la faute sur l’élève.
De plus, elle donne des informations erronées à la mère, en disant que la décision de redoublement est inéluctable.
La mère, elle, prend le parti de sa fille, s’informe par ailleurs sur les modalités d’opposition à cette décision.
Réchauffée par Le Soleil, elle entre en action (Le Soleil correspond au signe des Gémeaux dans leur acception positive : ce sont les bras, pour faire, pour bâtir, pour agir) très rapidement et c’est ce qu’il fallait, puisque le délai imparti pour contester la décision est court (trois jours).
La petite se sent donc soutenue, par le masculin de sa mère.

Nous avions donc bien vu. La solution n’apparaît pas tout de suite mais, avec un peu de recul, il a été possible pour la famille de considérer la situation, le « problème », de façon positive.
Dans le cas de situations complexes, le tarot répond aussi avec complexité.
C’est pourquoi il incombe au lecteur du tarot de tirer les indices qui vont permettre au consultant d’avancer et de pouvoir se servir du tirage.